Gin Fluid 2

Gin Fluid 2

Le célèbre constructeur GIN nous présente la 2e version de sa non moins célèbre aile de speed-riding, la Fluid.

Cette nouvelle version nous est présentée elle aussi comme aile de speed-riding destinée aux pilotes confirmés, mais avec de meilleures aptitudes dans le domaine du vol à pied (le speed-flying), notamment par une prise en charge et un plané améliorés.

Elle a à la fois gagné en aptitude à pied, mais aussi beaucoup perdu de ses compétences à ski.

La Fluid 2 se décline en 8.5 – 9.5 et 11 m2

Nous avons testé la  9.5 et la 11 m2


La conception

Les commandes de frein sont celles qui ont fait leur preuves sur les premières générations de Fluid. Ergonomiques, elles sont munies d’une petite boule qui facilite la préhension. Les commandes sont connectées aux élévateurs par l’aimant qu’on retrouve sur toute la gamme GIN, qui manque parfois un peu de force car il arrive que les commandes se déconnectent, mais rien de bien méchant.

Les élévateurs eux non plus n’ont pas beaucoup changé, et c’est un peu dommage. Ils sont légèrement plus courts que sur la Fluid 1 mais restent très souples et manque de tenue ; ils leur arrive donc de s’emmêler si on ne fait pas attention.

Les trims, initialement sur l’avant des élévateurs, reviennent face au pilote sur les arrières, facilitant leur manipulation. Du fait d’un renvoi qui diminue la tension et garantit leur durée de vie, les sangles font 20 cm pour 10 cm de trims effectifs. Cette longueur alliée à la souplesse des sangles fait qu’ils ont parfois tendance à s’enrouler autour de l’élévateur, rendant leur manipulation plus fastidieuse.
(Depuis la sortie de la Nano 4, la Fluid 2 se voit équipée des même sangles en boucle, comme sur les Mirages, et qui à du coup moins tendance à s’emmêler)

Les suspentes sont totalement dégainées et assez fines, elles ne s’emmêlent pas trop si on y fait attention, mais à ski il faudra veiller à ne pas les couper avec les carres.

La voilure possède plus de caissons de la version précédente, limitant l’effet accordéon qui amortissait les turbulences mais faisait perdre en performance.

Le profil est légèrement plus voûté que certaines ailes de speed-flying et offre donc un taux de chute assez progressif.

Le poids de cette Fluid 2 est dans la moyenne par rapport à ses concurrentes mais les grands jonc très raides sur le bord d’attaque la rendre la rendent légèrement moins compacte au pliage (que certaines autres ailes de taille équivalente).

L’allongement de 3.8 n’a pas changé et est dorénavant plus cohérent pour une aile de speed-flying qu’il ne l’était pour une aile de speed-riding sur la 1ere version.

La qualité générale de conception laisse tout de même à désirer et on sent que GIN n’a pas la volonté de trop s’investir dans le domaine du speed. Les finitions sont correctes mais sans plus et l’ensemble est très fragile.


Le comportement à pied

Le gonflage est assez classique. Au neutre (trait noir), la voile monte bien mais sans plus, et ne demande presque pas de tempo. Si on part détrimé, la montée sera bien sûr plus rapide et demandera à être maîtrisée. Trimé, l’aile est très cabré et il ne faut pas mettre trop de frein sous peine de la voir retomber dans votre dos, il est recommandé de décoller au neutre (trait noir).

On ne ressent pas beaucoup l’aile au-dessus de la tête, pas plus que dans les commandes, qui sont un peu molles. Quand on décolle à pied sur un spot engagé, ce n’est pas toujours très rassurant.

La prise en charge est bonne et se fera assez rapidement après une prise de vitesse franche et sans hésitation. Ne cherchez pas la trop la portance en freinant l’aile, il lui faut avant tout de la vitesse.

Le plané de cette nouvelle Fluid 2 est ce qui la différencie le plus de la précédente. La finesse est vraiment bonne, en trimant à fond (2 cm de plus que le neutre) on peut encore tirer « un peu » sur les freins ou les arrières pour gagner encore en plané.
Mais attention aux basses vitesses, c’est tout de même au neutre (trait noir) que l’aile est la plus saine.

Dans les turbulences, la Fluid 2 bouge beaucoup et la pression interne assez faible ne rassure pas vraiment. Dans des conditions délicates, nous n’avons pas ressenti un comportement général très sain, mais nous n’avons pas eu de mauvaise surprise pour autant.

Le piqué est bon mais on sent que l’aile veut voler, il faudra détrimer pour trouver un angle de piqué intéressant.

Détrimé, c’est avec les élévateurs arrières qu’il sera le plus agréable de piloter, ils sont précis et souples, mais pas mous. On se surprend vite à ne piloter et tourner le tonneau qu’avec les arrières, oubliant presque qu’il y a des commandes de frein !
Vous pourrez même poser aux arrières si le cœur vous en dit, méfiez-vous seulement du point de décrochage en fin de course, qui arrive un peu plus vite qu’aux freins.

La ressource est parmi les meilleures du marché : que ce soit aux freins ou aux arrières, on a vraiment la sensation de remonter vers le ciel. Et même lors de la reprise de vitesse qui suit, l’aile reprend vite de l’énergie, qu’elle est prête à restituer si besoin est.
Attention cependant aux très basses vitesse, notamment avec les plus petites surfaces, c’est la 11 m2 qui nous a le plus impressionnés par sa ressource !

Les commandes sont progressives. D’abord douces voire un peu molles, elles deviennent de plus en plus fermes au fur et à mesure du débattement qui s’avère très long. Précises mais sur un débattement assez long, elles tolèrent un pilotage approximatif voire un peu plus grossier que d’autres ailes de cette catégorie.

Le roulis est très présent, bien plus que sur n’importe quelle aile de speedflying, et combiné à un lacet assez fort, il rend l’aile très réactive et nerveuse. Totalement inadapté aux pilotes débutants, son comportement ravira les pilotes les plus expérimentés qui aiment les ailes de caractère.

Le pilotage sellette est plus efficace que sur la 1ere version, mais reste un peu moins franc que sur la plupart des ailes de speed-flying.

Le tonneau est incroyable, l’aile tourne avec une facilité dérisoire et la 2eme partie de la rotation est bien plus rapide que sur beaucoup d’ailes. Une invitation à se mettre la tête en bas à la moindre occasion. L’aile tourne tellement bien qu’il faudra savoir rester raisonnable pour ne pas se prendre au jeu de balancer des tonneaux dès qu’on a plus de 5 m sous les pieds !

Le posé avec cette Fluid 2 est comme GIN nous le vend, une machine à faire d’interminables swoops.
Même si on pose facilement au neutre (évitez de poser totalement trimé) sans engager de grosse survitesse, il est préférable et beaucoup plus agréable d’y aller détrimé et d’avoir de la distance pour swooper et dissiper l’énergie jusqu’au bout pour poser en douceur.

À ski

Même si GIN considère encore la Fluid 2 comme une aile de speed-riding, on ne peut pas gagner sur tous les points. En améliorant le plané, l’aile a perdu en tolérance à basse vitesse et en délestage. En améliorant la prise en charge, il est plus difficile de rester au contact de la neige lorsque la pente s’accentue et que l’on prend de la vitesse.
À mi-trims, on pourra cependant exploiter cette Fluid 2 à ski sur des terrains peu pentus et pour des pilotes de speedriding peu exigeants, mais pas débutants pour autant.


L'essai en vidéo

Comportement
Accessibilité
35%
Maniabilité / Précision
85%
Plané / Finesse
61%
Compétences en thermique
10%
Domaines
Speed-riding
40%
Speed-flying / Vol de proximité
100%
Vol rando / Montagne
50%
Soaring
30%
On aime
  • Caractère
  • Ressource
  • Tonneaux
  • Roulis
  • Swoop
On aime moins
  • Qualité
  • Trims
  • Suspentes fines et fragiles
  • Comportement en turbulences


Conclusion

La Fluid 2 est donc devenue une aile de pure speed-flying. Pour pratiquer pleinement le speed-riding, il faudra se tourner vers une autre aile.

Ceux qui connaissent bien la 1ere génération de Fluid retrouveront des sensations familières, cette grande plage de vitesse aux commandes et cette ressource incroyable, mais avec un plané bien plus important et donc un peu moins de piqué.

Une aile destinée donc aux pilotes experts de par sa réactivité sur l’axe de roulis et de lacet. Elle ravira les pilotes qui souhaitent coller à la pente, envoyer des tonneaux au ras du sol en pleine ressource et faire de longs flares à l’atterro mais qui aiment aussi avoir une sensation de carving.

Abovethepines
Speed-riding, speed-flying & mini-voile
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